Avant de devenir une structure juridique formelle, la juridiction était, à l’origine, un souci inné et universel. Elle reposait sur une responsabilité spontanée et une conscience morale envers autrui, indépendamment des frontières, des cultures ou des divisions créées au fil de l’histoire. Aujourd’hui, ce souci empathique est souvent perçu comme dépassé, voire naïf, dans le monde contemporain.
Du point de vue de la responsabilité, la proximité des juridictions est généralement mieux respectée dans le monde occidental que dans le monde Musulman.
À l’origine, lorsqu’un conflit imprévu surgissait entre des juridictions, il pouvait devenir un facteur d’harmonisation humaine, au-delà de la loi elle-même. Ce potentiel empathique permettait de rapprocher les individus. Or, ce mécanisme ne fonctionne plus. Dans le monde occidental, il a été remplacé par une loi rigide, presque idolâtrée, qui fige les relations humaines. La multiplication des lois reflète davantage une logique d’exécution que de décision véritable.
La conscience du monde occidental s’est progressivement figée avec l’abandon de sa dimension religieuse. Les doctrines Judéo-Chrétiennes se sont enfermées dans leurs propres cadres historiques, rejetant l’extension de l’Islam, pourtant inscrit dans une continuité prophétique. Ce rejet a engendré une insécurité identitaire, tout en renforçant un système juridique de plus en plus complexe, souvent perçu comme une preuve de civilisation.
Dans le monde Musulman, les systèmes juridiques sont en grande partie hérités de l’Occident et profondément intégrés au quotidien, conséquence directe d’une longue période de domination coloniale. Cependant, la multiplication des lois y fragilise les institutions plutôt que de les renforcer
Pourtant, la foi primordiale demeure présente et devrait encourager un véritable devoir de conscience spirituelle envers autrui. Ce devoir, fondé sur les Noms Divins, pourrait produire une transformation personnelle et collective. Mais, dans la pratique, il est souvent perçu comme une contrainte. Le Musulman se tourne alors vers des institutions qu’il ne respecte pas réellement.
Lorsqu’un conflit imprévu survient dans un pays Musulman, la responsabilité est fréquemment rejetée d’une partie à une autre, sans véritable prise en charge.
En Occident, les failles entre juridictions restent limitées et sont généralement contrôlées par la loi. Dans le monde Musulman, ces failles sont plus larges, marquées par la négligence ; et lorsqu’elles sont comblées, elles le sont souvent par le népotisme.
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